Le Danmyé ou Ladja est un art martial martiniquais qui s’apparente à la Capoeira brésilienne et à d'autres formes présentes dans différentes îles (Guadeloupe, Haïti, Jamaïque). Il est aussi connu sous d'autres appellations (Kokoyé, Wonpwen) ou orthographes (Ag'ya) et désigne aujourd'hui une pratique guerrière opposant deux pratiquants (danmyétè, majo ou jwa) dans un rond (won) formé par les supporters (atlaj) et l'assistance, et régulée par un orchestre (mizik-la).

L'orchestre est habituellement composé d'un tambour (tambou), joué à deux sur la peau et le corps (ti-bwa), et accompagné de chants, parfois improvisés, et de claquements de main modulés. Cette musique est directement reliée à celle des danses Kalennda-Bèlè.

Une des caractéristiques du Danmyé porte sur l'utilisation de la ruse pour tromper l'adversaire.

Les danses KB (kalennda-bèlè) sont héritières, de façon syncrétique, des danses cultuelles et profanes des esclaves, transformées dans leur sens et leurs formes par les influences du nouvel environnement, par la répression coloniale, administrative et religieuse, par la nécessité de s'unir dans le cadre du système oppressif, par la confrontation douloureuse avec la culture européenne dominante.

Fondement de la société martiniquaise, le bèlè est un art complet de la parole, du rythme, de la musique et de la danse. Folklorisée au cours du xxe siècle, rejetée par les élites, cette pratique populaire jouit d’un retour en grâce fulgurant. Depuis une dizaine d’années, événements et écoles se multiplient. De jeunes artistes s’en emparent pour le faire évoluer.

En Martinique, l’art du bèlè relie les descendants des Africains à la culture ancestrale que les colons esclavagistes rêvaient d’éradiquer. Celle-ci est pourtant bien vivante à travers le tibwa qui lance la danse, le rythme des tambours juba ou bèlè, les phrases du tambour soliste coupe, les chants à répons, les paroles évoquant dans une verve ironique les événements du quotidien ou les codes de la danse. Celle-ci a des allures délicates et policées lui venant du quadrille et du menuet. Pourtant, chauffée par les tambours, aiguillonnée par le tibwa, elle peut devenir extrêmement échevelée.

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